Savoir manager en dosant la marge d'autonomie des collaborateurs

En fonction du niveau d'autonomie du collaborateur, le management peut être très délégatif et simplement réajusté au cours d'un suivi régulier, afin que les objectifs définis puissent être atteints. A l'opposé, le management peut être fondé sur des tableaux de bord, un programme de travail imposé, des reporting permanents. Le manager doit apprendre à manier avec finesse et à combiner l'un et l'autre de ces types de management qui lui demandent une implication très différente.

Le management est donc l'art de doser la marge d'autonomie que l'on accorde à chacun de ses collaborateurs en fonction de son profil, de la tâche qui lui est confiée, de sa motivation et de son pouvoir d'initiative.

La finalité de ce management est de faire en sorte que le collaborateur puisse être capable d'organiser son temps de travail, de choisir ses modes opératoires, de gérer ses plannings, de rendre compte de ses résultats et d'exprimer ses propositions pour optimiser son action et celle de l'équipe.

C'est à ce prix-là que le manager peut trouver le moyen de dégager du temps et de l'énergie pour prendre du recul, prévoir et planifier les plans d'action de son équipe, évaluer et faire reconnaître l'évolution et les potentialités de chacun de ses collaborateurs, anticiper les changements, sans se laisser happer ni décrédibiliser par la gestion du quotidien. C'est aussi à ce prix-là que, dans le même temps, le collaborateur peut se sentir à l'aise dans le cadre qui lui est imposé et trouver de l'intérêt à accomplir ses missions en développant ses propres compétences.

Un bon management permet ainsi de créer un équilibre entre trois partenaires gagnants :
1) le collaborateur qui peut trouver une profonde satisfaction à développer ses savoirs, savoir-faire et savoir être, et à participer au processus de développement de l'entreprise ou de l'institution
2) le manager qui peut réserver son énergie pour accompagner ses collaborateurs dans la réalisation de leurs objectifs et se concentrer sur de nouvelles coopérations autour de nouveaux projets
3) l'institution et l'entreprise elles-mêmes qui gagnent en image de marque et en réactivité.

Claudine Heslouin