En effet, pour qu’il y ait confiance au sein d’une équipe, le manager doit être identifié comme étant celui sur qui on peut compter, celui qui affronte les situations, qui est présent dans les moments difficiles, qui est aidant, soutenant, protecteur et juste dans son arbitrage et ses décisions.

Il doit donc avoir une épaisseur, ne pas être un relais transparent de la Direction, mais avoir des convictions, des valeurs, une réelle crédibilité et une réelle capacité à gérer ses affects.

C’est en travaillant concrètement sur leurs comportements et en se livrant à une lecture lucide de leurs faiblesses que les managers peuvent modifier ce qui va à l’encontre de cette force intérieure qu’ils ont besoin développer.

Par exemple, travaillant sous pression et dans l’urgence, les managers ont souvent le sentiment d’être écartelés entre les tâches à accomplir et la forte demande de leurs collaborateurs qui ont besoin de leur présence. Notre travail, en formation, est d’aider les managers à sortir de la croyance que ce qui compte, c’est la quantité de temps accordée. Le plus important est, en réalité, la qualité du temps que l’on accorde à son collaborateur.

Considérant nos formations comme un haut lieu expérientiel et garantissant un climat sûr, dans lequel la parole de chacun est entendue et respectée, nous permettons aux managers d’expérimenter le fait qu’il suffit de s’asseoir, de se poser, de regarder son collaborateur, de l’écouter et d’oublier quelques minutes ses propres préoccupations, pour débloquer une situation de tension, dénouer un malentendu, résoudre un conflit. Inversement, les managers font l’expérience, en formation et sur le terrain, qu’il leur suffit de construire plus clairement leurs propres demandes et de les exposer calmement pour qu’elles soient plus sûrement entendues.

Le retournement, la résolution d’une situation difficile ne sont possibles que si les managers conservent à l’esprit ce principe que nous posons dès le démarrage d’une formation :
On n’a pas le pouvoir de changer l’autre. En revanche, on a le pouvoir de se changer soi-même, de changer d’attitude ou de comportement et en changeant soi-même, on peut aider l’autre à changer.


Claudine Heslouin, en collaboration avec Anne Lecerf