Certains cabinets sont répertoriés par des instances régionales et ministérielles (CRAM - Ministère du travail, des familles et des relations sociales - Agences des Conditions de Travail), d'autres ont le label CHSCT. Pas évident de faire le bon choix. Pour bien choisir ses intervenants, quelques précautions préalables s'imposent et personne ne sera dupe de leur détournement éventuel :

  • Marquer clairement son intention stratégique de traiter les sources déclenchantes, de régler rapidement les situations critiques et de développer sur le long terme une politique ressources humaines qui s'inscrive dans une logique préventive des RPS.

  • S'engager à sensibiliser l'ensemble des salariés ou des agents et à former les acteurs clés : tous les niveaux hiérarchiques, membres du CHS, médecins de prévention, responsables ressources humaines, hygiène et sécurité, psychologues du travail, assistantes sociales, infirmières, délégués du personnel et partenaires sociaux.

  • S'inscrire dans une démarche participative en particulier dans la phase préparation du plan d'action, pour permettre à chacun d'être acteur à part entière des actions de changement.

  • Communiquer régulièrement sur les différentes phases des actions engagées par des modes de communication qui privilégient la proximité avec les acteurs terrain.

  • Mettre en place un système d'alerte simple et opérationnel qui puisse s'inscrire dans la culture managériale et la culture d'établissement ou d'entreprise dans le respect de l'éthique et de la déontologie. Suivre et évaluer régulièrement la pertinence de ce système d'alerte et les indicateurs associés.

  • Eviter les écarts entre les intentions déclarées et les actions sur le terrain, pour renforcer la cohérence du projet d'évolution global.

  • Ni diaboliser, ni victimiser et essayer de garder la bonne distance sur les enjeux, les individus et les situations critiques.

  • Inscrire dans le cahier des charges, en cas de sollicitation d'intervenants extérieurs, les principes de précaution énoncés ci-dessus

  • Sensibiliser tout nouvel arrivant sur les axes forts des plans d'actions mis en place ou en cours de mise en place.

  • Considérer la santé physique et mentale au travail comme une priorité majeure qui réclame de l'attention quotidienne et de la prévoyance. Pour bien soigner, soignons-nous bien !

Rien de pire qu'une démarche purement techniciste, fermée sur elle-même, privilégiant l'étude statistique et diffusant lentement les coûts cachés de la culture froide. Les violences relationnelles, les pertes de sens sur le travail à accomplir, l'installation du doute et de la dépréciation de soi, la culpabilisation, les blessures psychologiques, sont autant de symptômes qui tissent au quotidien le risque psychosocial. Le traitement de fond passe par la restauration progressive de la proximité communicationnelle et par des actes d'engagement qui restaurent la régulation, l'arbitrage, la prise de décision structurante et signifient sans malentendu les comportements à proscrire et l'esprit de respect mutuel vers lequel tendre, chaque jour davantage. La relation avec les intervenants extérieurs, en tant que praticiens réflexifs, nécessite l'installation d'un climat de confiance mutuel ; si ce climat de confiance s'installe, alors ils pourront aider au franchissement des différents paliers, et se situer en passeur, en facilitateur, pour que l'on puisse poursuivre le chemin à parcourir, sans eux et avec professionnalisme.

Christian Lujan, Consultant Partenaire de Claudine Heslouin Consultants, expert RPS