Une compétence essentielle du management


Non, le leader n’est pas un Pygmalion ! Il n’est pas le meilleur, celui qui sait tout ou qui, par son seul charisme, serait capable de soulever des montagnes. Mais, dans cette fonction acrobatique qui est la sienne, entre la nécessité de poursuivre des objectifs collectifs et le désir d’accomplissement de chacun de ses collaborateurs, il est celui qui, lucidement, reconnaît ses limites et n’oublie pas
qu’il ne doit pas faire cavalier seul
qu’il guide des spécialistes autant que des individus.

Ainsi, le leader ne doit pas se disperser en cherchant à tout faire ; il donne à l’équipe le souffle et le sens qui lui sont indispensables pour lui permettre d’atteindre les objectifs de l’entreprise. Il se conduit comme un chef d’orchestre qui sait repérer les meilleurs instrumentistes et les faire jouer ensemble. Il a confiance en chacun d’eux et sait que s’il se concentre momentanément sur la partition d’un pupitre, l’orchestre ne cessera pas de jouer pour autant.

« L’organisation des entreprises innovantes doit ressembler à celle d’un orchestre symphonique » disait Peter Drucker et c’est dans cet esprit que le leader doit se positionner tout à la fois comme un harmonisateur, un coordinateur et un catalyseur.


Harmonisateur, afin de garantir le climat de l’équipe – un climat propice à l’excellence, fondé sur la solidarité, le respect, la responsabilisation, l’interdépendance. Le leader est, par conséquent, celui qui pose les règles de fonctionnement, qui vérifie qu’elles sont admises par tous et qui commence par lui-même les appliquer. C’est ainsi qu’il peut projeter une image de compétence et de professionnalisme qui donne confiance et dynamise en indiquant la voie à suivre.


Coordinateur, il doit connaître l’ensemble des compétences qu’il dirige et prendre suffisamment de hauteur et de recul pour préserver une vision qui lui permette d’orienter l’action. C’est en développant son aptitude à parler clair et franc qu’il peut expliquer ce que chacun doit faire pour concrétiser les objectifs fixés et parvenir aux résultats attendus. Et c’est par sa propre motivation, son sens de l’organisation et l’attention qu’il accorde aux réticences manifestées, sans tomber lui-même dans l’agressivité, qu’il transmet le mieux à ses collaborateurs l’envie de prendre part à cette action collective. Par sa présence au cœur de l’orchestre, le leader est celui vers qui les regards se tournent et à qui les difficultés sont soumises.


Catalyseur enfin, afin d’identifier les compétences et de faire émerger les talents. Selon les objectifs à atteindre et les motivations individuelles, le leader doit savoir à quel collaborateur déléguer telle ou telle mission, sans contrainte ni manipulation. Or, il ne peut reconnaître et valoriser chaque membre de l’équipe que s’il met en permanence à profit ses capacités d’écoute et de reconnaissance pour encourager et stimuler. Et de même que dans un orchestre, tout instrument est essentiel, il doit, pour entretenir l’esprit d’équipe, accorder autant d’importance à chacun de ses collaborateurs et faire en sorte que les égos, les caractères forts ne s’enlisent pas dans des rivalités cacophoniques.


En s’appuyant sur ses collaborateurs, en leur faisant confiance, en les écoutant, en les cadrant, en les entraînant, le leader peut rendre l’exercice de sa fonction possible et permettre à son équipe de jouer une partition harmonieuse et innovante.

Patrick Bourboulon, en collaboration avec Anne Lecerf